Juin 292017
 

« L’embarras de la droite »

« C’est l’avant-dernier clou dans le cercueil ». Pour les Républicains  et singulièrement pour cet ancien ministre de Nicolas Sarkozy qui pousse un cri du cœur – la réforme du Code du travail lancée par l’exécutif constitue un palier supplémentaire dans leur descente aux enfers. Après les affaires et l’élimination de François Fillon au premier tour de la présidentielle, après le gouvernement d’Édouard Philippe, la défaite aux législatives et la scission des « constructifs », voilà la droite contrainte de se positionner sur une réforme qu’elle aurait voulu mener.

Difficile pour les Républicains de s’attaquer à la méthode retenue par l’exécutif – les ordonnances – puisque François Fillon comme Jean-François Copé en défendaient l’emploi.

Impossible d’en contester les principes puisque l’UMP puis les Républicains martèlent depuis des années que le Code du travail doit être réécrit et les négociations relancées.

Compliqué, enfin, d’en critiquer le détail, puisque l’exécutif n’en a donné que les grandes lignes.

Une majorité des Républicains devrait donc accorder le bénéfice du doute à Emmanuel Macron pour son premier chantier. « Je n’ai pas de problèmes avec la méthode parce que c’est le meilleur moyen d’arriver à un résultat rapidement sur un sujet aussi complexe », explique ainsi Julien Aubert, réélu dans le Vaucluse, qui pourrait voter la loi d’habilitation qui autorise le gouvernement à procéder par ordonnances.

La ratification, elle, dépendra du contenu final de la réforme. « Je souhaite qu’ils assouplissent les seuils sociaux qui bloquent le développement des entreprises », ajoute Aubert.

Même état d’esprit chez Michèle Tabarot, réélue dans les Alpes-Maritimes. « Les ordonnances, je les ai défendues. La réforme, je la souhaite. Et Emmanuel Macron a la légitimité pour le faire maintenant, explique l’ancienne secrétaire générale de l’UMP. Et si le texte est au final bon… Nous verrons bien le moment venu. »

À l’avenant, des personnalités comme Christian Estrosi, François Baroin ou Bernard Accoyer ont fait connaître leur intérêt pour la réforme, certains, à l’image d’Éric Woerth, annonçant qu’ils la voteraient le moment venu.

D’autres, plus rares, ne décolèrent pas. Jacques Myard juge ainsi que le gouvernement et la droite se fourvoient en imaginant « que faciliter les licenciements permet de créer des emplois ». « Il faut d’abord relancer l’investissement et la croissance », exhorte l’ancien député des Yvelines, qui souhaite que ces questions soient débattues au sein des Républicains « le plus vite possible ».

Le Figaro 29 06 2017