Août 192017
 

13  ans après l’attentat des plus sanglants survenu à Madrid en Mars 2004 (191 morts, plus de 1800 blessés)  revendiqué par El quaida et planifié par des ressortissants espagnols d’origine marocaine , Barcelone est touchée dans son cœur vital  les Ramblas.

A chaud de Madrid à Valence en passant par Séville au pays Basque  depuis bien longtemps, l’Espagne n’avait montré un visage d’unité. Toutes les composantes de la société espagnole, politique de Podemos au Parti Populaire, sociale, syndicale, sportive se sont réunies dans une même douleur.

Le recueillement conjoint place de Catalogne du Président du Gouvernement M Rajoy,du Roi Felipe VI ,du Président de la Catalogne Carles Puigdemont et de la maire tendance podemos Mme Colau et le message rassembleur du Roi Toute l’Espagne est Barcelone. » a été une image forte mais éphémère.

Les discours des différentes sensibilités ne sont aucunement dénuées d’arrière pensées.

Celui du Président Espagnol M.Rajoy s’avère plus politique que compatissant insistant sur la force d’un grand pays uni par ses valeurs face au ravage du terrorisme (suggérant la faiblesse d’une nation catalane isolée) .

Celui du Président de la Généralitad catalane insistant sur l’efficacité de ses services de renseignement et l’inéluctabilité du prochain référendum du 1er Octobre 2017 sur leur indépendance.

Dans un deuxième rideau s’établit une joute de communication entre le Ministre de l’intérieur espagnol qui annonce le démantèlement du réseau marocain djihadiste par ses services de renseignement et la guardia civil, de l’autre le chef de la Police de Barcelone  ne mentionnent que les actions déterminantes des”squadras de mossos” mi GIGN mi BAC mi BRI catalans aux pouvoirs policiers étendus.

Mais pourquoi le territoire  espagnol et catalan sont ils de nouveau la cible mortifère des djihadistes ?

La participation de l’Espagne en Syrie,Irak, Afghanistan,Mali,Afrique noire n’est pas de nature militaire mais financière et  moins importante que l’Italie encore épargnée.

L’Observatoire musulman de Madrid recense aujourd’hui 1. 900 000 musulmans en Espagne, dont plus de 1 million sont marocains ou d’origine marocaine.

En Catalogne les immigrés musulmans ont débarqué en 2 grandes vagues au milieu des années 1990 et plus récemment, entre 2004 et 2006.

Mais Barcelone s’avère une plaque tournante du djihadisme. La politique d’immigration sous les années du Président Socialiste Zapatero s’est avérée très accueillante et sans contrôle .

C’est ainsi que de très nombreux congrès salafistes ont  pu être  organisés dans des mosquées de la périphérie de plusieurs villes.Les autorités catalanes ont permis ainsi la concentration d’environ 500 000 musulmans.

Les réponses sécuritaires de l’Espagne et de la Catalogne .

Elles ont été dans l’ensemble plus efficaces et vigilantes qu’en France à ces époques.

Depuis l’attentat de 2004 de nombreux indices d’installation de réseaux djihadistes ont été révélés (jusqu’à 33 références à l’Espagne apparaissaient dans les messages de l’État islamique  contre 10 en 2014, selon les chiffres de Manuel Torres, professeur à l’université de Séville ).

Face à ces menaces depuis 2004 le nombre d’agents impliqués dans la lutte antiterroriste est passé de 150 à plus de 3 000.

En 2012, un net renforcement du Code pénal a été opéré afin de s’adapter à la menace terroriste.L’état d’urgence en Espagne n’existe pas pour des raisons historiques ( la présence de l’armée  pourrait être un souvenir douloureux de la guerre civile) et judiciaires ( l’incarcération à titre préventif est autorisé en Espagne).

Environ 700 personnes ont été placées en détention préventive (ce qui est impossible en France).

De très nombreuses opérations antiterroristes se sont déroulées sur le territoire (220 depuis le 11 mars 2004). Source : Ignacio Cembrero, journaliste pour El Confidencial, spécialiste de l’Afrique du Nord et du terrorisme islamiste.

En avril 2015, toujours en Catalogne, 11 personnes, dont 5 Marocains, avaient été interpellées dans un réseau de recrutement de volontaires pour le djihad syro-irakien.

En Catalogne environ 14 arrestations et 10 opérations ont été effectuées depuis début 2017.C’est  la communauté autonome où se sont déroulées le plus d’interventions policières.

Depuis 2012, 62 arrestations et 30 opérations, selon le ministère de l’Intérieur, ont eu lieu à Barcelone.

La concentration de ces populations s’est focalisée dans les banlieues des villes formant de véritables ghettos.

Les visites touristiques à Gérone Vic,Olot … et autres bourgades interpellent face à la présence effective de ces populations.

C’est le salafisme qui a gangréné ces populations autour des mosquées. Comme en France cet embrigadement radical n’a pu s’expliquer ni par le taux de chômage de ces populations ni par leur concentration,ni par la délinquance seule.

La population catalane ne pratique pas de ségrégation particulière. Comme en France le communautarisme s’est progressivement installé ,sans vigilance particulière mais dans l’indifférence générale.

L’influence de pénétration des radicaux en provenance du Maroc pays le plus engagé avec l’Etat Islamique semble être la cause la lus probable . Les autorités espagnoles dans un souci d’apaisement ont laissé proliférer les idées salafistes dans les entités de Ceuta et Melilla trés activistes.

Une fois de plus ces assassins salafistes ont meurtri nos pays ,toute les populations de culture occidentale sont compassionnellement « Niçoise,Barcelonaise, Londonnienne.. »  Mais la lamentation et la compassion ne sont plus suffisantes pour  supporter la destruction de nos vies et valeurs.

Ces attentats de Barcelone pourraient ils enfin  mobiliser l’Europe pour qu’émerge une coopération sécuritaire , judiciaire impitoyables ?

Ces attentats de Barcelone pourraient ils  marquer un tournant dans les relations entre Madrid et Barcelone et l’avenir incertain de l’Espagne et de l’Europe ?

Nous en doutons quand on connait l’esprit vindicatif  et délétère qui a succédé aux attentats de Paris une fois l’émotion retombée.

Confucius